La base : une couleur reflète l'énergie dans laquelle tu es
C'est le point de départ de la psychologie des couleurs, que Fiona enseigne depuis des années à des architectes, des décorateurs et des thérapeutes : rien de ce qu'on choisit autour de soi n'est un hasard. Chaque couleur est associée à une émotion, à un ressenti, à un vécu. Le jaune, élément du feu, est la couleur de la confiance en soi, de la joie, du besoin de briller. Le bleu, à l'inverse, pousse au retrait : beaucoup de bleu signale souvent quelqu'un qui n'ose pas encore se montrer.
Le rose est la couleur de la féminité, le rouge celle de la colère, de l'interdit et du sang. L'orange est le mouvement : il peut aider à se remettre en route, mais renforcera l'agitation d'une personne déjà hyperactive. Le vert est la couleur de la famille, de la nature et de la santé, ce n'est pas un hasard si tant de cabinets de médecine alternative l'ont adopté. Le blanc évoque la pureté mais aussi l'isolement, le noir le deuil et une tristesse profonde à libérer.
Il suffit à Fiona d'ouvrir une garde-robe ou de regarder les murs d'un intérieur pour savoir à quatre-vingts pour cent ce que vit une personne. Et l'argument « c'est le propriétaire qui a choisi » ne tient pas longtemps : si tu vis dans une couleur sans ressentir le besoin viscéral de la changer, c'est qu'elle résonne avec ce que tu vis.
Ta garde-robe, première piste de décodage
Le conseil de Fiona est simple : si tu le peux, mets l'épisode sur pause et ouvre ta garde-robe. Trois questions suffisent pour commencer. Quelle couleur n'ai-je pas du tout ? Quelle couleur ai-je en excès ? Quelle couleur est-ce que j'adore chez les autres, mais que je ne porterais jamais ?
Une garde-robe qui a changé en même temps qu'un grand tournant de vie montre que l'énergie a changé elle aussi. À l'inverse, porter les mêmes couleurs et vivre dans le même décor depuis des années rend la lecture encore plus parlante : c'est l'énergie dans laquelle tu es installée depuis longtemps.
Une nuance importante : quand quelqu'un suit la mode à la lettre, les fameuses teintes beiges, grises et blanches des dernières années, Fiona ne travaille pas d'abord la couleur. Le vrai sujet est alors le besoin d'appartenir au groupe, cette logique du troupeau où celui qui s'écarte se sent en danger. Avant de décoder une palette, il faut savoir si elle est vraiment la tienne.
Le jaune : le soleil, le père et le droit d'être vue
Dans l'inconscient, le soleil symbolise le père et la lune la mère. Le jaune, couleur solaire, en dit donc beaucoup sur la relation au père. Ne jamais porter de jaune, ne pas en avoir chez soi, amène une première question : est-ce que je m'autorise à être vue, à être mise en lumière ? Et en parallèle : qu'en est-il de la reconnaissance du père, puisque c'est lui qui, symboliquement, nous voit et nous reconnaît ?
À l'inverse, un besoin soudain de jaune ne signifie pas forcément que l'estime de soi a progressé. Ce peut être une recherche de reconnaissance masculine, parfois transférée sur le compagnon. Fiona a accompagné plusieurs clients qui avaient repeint leurs murs en jaune au moment précis du décès de leur père : une façon de le garder à la maison, qui renforce la tristesse du deuil au lieu de l'apaiser. Porter une couleur est passager ; l'ancrer sur ses murs pendant dix ou vingt ans peut maintenir une problématique en place.
Détester franchement le jaune oriente plutôt vers une colère envers le père ou un refus du masculin. Et si cette colère ne te parle pas, c'est dans l'arbre qu'il faut la chercher : les relations père-enfant de toute la lignée peuvent encore agir aujourd'hui.
Une même couleur peut être le problème ou la solution
C'est ce que Fiona trouve le moins intégré dans les approches classiques de l'habitat. Elle a souvent été appelée après une expertise feng shui : « l'expert m'a dit de mettre du jaune ici ». Or le feng shui ne va jamais dans le transgénérationnel, et le jaune qui convient à une personne dans son entrée sera une catastrophe pour une autre.
Prends une femme dévalorisée depuis l'enfance par un père exigeant, dont l'amour dépendait de ses performances à l'école ou en sport. Elle est attirée par le bleu et n'a aucun jaune chez elle. Une fois le travail thérapeutique fait et le déclic arrivé, introduire du jaune, en conscience, devient une façon de dire : je m'autorise à être vue, indépendamment de mon père. Les transformations peuvent être spectaculaires. Mais si la même femme, avec la même histoire, avait du jaune partout, la lecture serait inverse : elle cherche encore son père, et la solution serait d'en retirer.
Même logique pour les couleurs nouvelles : plus il est difficile d'en intégrer une, plus c'est souvent celle-là dont tu as besoin. À condition de toujours comprendre ce qu'elle révèle avant de l'adopter.
Le bleu et la mère, le rose et la maternité
Le bleu est la couleur de l'eau, et l'eau symbolise le féminin et la mère. Quelqu'un qui veut garder sa mère tout près aura tendance à s'entourer de bleu, par exemple lorsqu'une histoire d'abandon dans la famille ou un premier contact manqué à la naissance a laissé un manque de présence maternelle. Fiona raconte l'histoire d'un client en conflit très dur avec sa mère, persuadé d'avoir tout réglé en thérapie. Sur les photos de son intérieur : beaucoup de bleu, jusque derrière la tête de lit. Dormir chaque nuit avec la mère derrière soi, quand elle a représenté un danger, c'était rejouer exactement la peur de son enfance.
Le rose, lui, est associé à la féminité, et en lecture transgénérationnelle à la maternité. Fiona a longtemps détesté le rose, qu'elle voyait comme la couleur de la petite fille. Ce refus montrait d'abord un refus de sa propre féminité ; aujourd'hui, elle y lit aussi la question des naissances dans la lignée. L'absence totale de rose ou d'abricot invite à regarder les fausses couches, les accouchements difficiles, les maladies de l'utérus ou des ovaires dans la famille : pourquoi, pour l'inconscient, devenir mère pourrait-il être dangereux ?
C'est aussi pourquoi la chambre d'enfant est une mine d'informations. Les couleurs choisies par les parents racontent leur histoire, que l'enfant porte déjà. Lui offrir une chambre neutre, qui ne renforce pas l'histoire familiale, est pour Fiona l'un des plus beaux cadeaux de naissance.
Une seule couleur, deux couleurs ou tout en double
Les combinaisons parlent autant que les couleurs elles-mêmes. Une garde-robe monochrome ou des murs tous identiques orientent vers des histoires où l'on n'avait pas le choix : quelqu'un, dans la lignée, s'est senti emprisonné, et l'on entend souvent aujourd'hui « je ne peux pas, c'est comme ça ».
Un fonctionnement sur deux couleurs, typiquement le noir et blanc, renvoie à un choix entre deux options : deux conjoints, deux prénoms, garder l'enfant ou non. Et acheter systématiquement ses vêtements en double, la même veste en deux couleurs, peut faire penser à un jumeau perdu pendant la grossesse, souvent passé inaperçu à l'échographie. Ces personnes se sentent fréquemment seules, sans comprendre qu'elles vivent pour deux.
Quelques repères pour les autres couleurs. Le brun renvoie à la terre, à l'ancrage, aux maisons et aux déménagements dans l'histoire familiale. Le vert, aux liens familiaux, aux grands conflits et aux questions de santé. Le rouge, au sang et donc au clan : la peur d'en être exclu. Le noir, aux deuils qui n'ont pas pu être faits, enfants morts-nés, grossesses dont on n'a jamais parlé. Le blanc, à l'isolement et au besoin de ne pas se faire remarquer. Le mauve, à la connexion avec l'au-delà et à des deuils plus légers, teintés de spiritualité.
La couleur, un outil pour comprendre et pour agir
S'entourer de couleurs qui renforcent sa problématique, c'est rester pris dans les schémas de la lignée. En prendre conscience et les transformer envoie au cerveau un signal direct : quelque chose a changé. Dans les quatre étapes de libération, récolter, comprendre, libérer et agir, la couleur est à la fois un moyen de comprendre et un moyen d'agir, parce qu'elle, on peut la changer : dans sa garde-robe comme sur ses murs.
Pour aller plus loin, le plus parlant est de photographier sa garde-robe et ses pièces, puis de relier ce que l'on voit à son arbre : qui a été reconnu ou non par son père, quelles naissances ont été difficiles, quels deuils n'ont pas été faits. C'est exactement ce que permet MyGeno : reconstituer ton histoire familiale pour comprendre ce que tes couleurs viennent y répondre.

Un épisode de Fiona Beenkens, auteure et conférencière, cofondatrice de MyGeno. Article rédigé à partir de l'épisode et mis à jour le 25 septembre 2026.
Les questions que tu te poses
Que signifie le fait d'être attirée par une couleur ?
En psychologie des couleurs, une attirance reflète l'énergie dans laquelle tu es : le jaune le besoin de briller, le bleu le retrait, l'orange le mouvement. En lecture transgénérationnelle, elle peut aussi révéler une recherche liée à ton histoire, par exemple la reconnaissance du père pour le jaune ou la présence de la mère pour le bleu.
Que veut dire le refus d'une couleur ?
Une couleur que tu n'as jamais chez toi ni dans ta garde-robe signale souvent quelque chose que tu ne t'autorises pas : être vue pour le jaune, la féminité ou la maternité pour le rose. C'est une piste à explorer dans l'histoire familiale : ce qui a été dangereux pour tes ancêtres sur ce sujet peut encore agir aujourd'hui.
Faut-il suivre les conseils de couleurs du feng shui ?
Pas les yeux fermés. Le feng shui associe chaque couleur à une énergie, ce qui est juste en théorie, mais il ne tient pas compte de l'histoire familiale. Une même couleur peut être la solution pour une personne et renforcer le problème d'une autre : il faut d'abord comprendre ce qu'elle vient toucher dans ton histoire.
Comment commencer à décoder ses couleurs ?
Ouvre ta garde-robe et note la couleur absente, la couleur en excès et celle que tu admires chez les autres sans jamais la porter. Photographie aussi tes pièces principales. Relie ensuite ces observations à ton arbre familial : relation au père, à la mère, naissances et deuils. C'est là que les vrais déclics se produisent.
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