Libérer ses enfants de ses traumas : pourquoi tout commence par toi

Oui, nos peurs et nos traumas se transmettent à nos enfants, et d'autant plus qu'ils sont jeunes : avant 7 ans, un enfant capte directement les croyances et les ressentis de ses parents. La bonne nouvelle, c'est que le mouvement fonctionne aussi dans l'autre sens. Quand tu fais le travail pour toi, tu libères automatiquement les générations en dessous, et il suffit parfois de dire à ton enfant « cette peur est la mienne, elle ne t'appartient pas ». Fiona Beenkens le montre avec des histoires vraies, puis explique pourquoi le projet-sens de ton enfant est le plus beau cadeau que tu puisses lui faire.

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Pourquoi un enfant de moins de 7 ans porte les peurs de ses parents

C'est la question qu'on pose le plus souvent à Fiona : « comment je libère mes enfants de tout ça ? ». Sa réponse commence par un fait simple. Avant 7 ans, l'enfant n'a pas encore développé ce qu'on appelle le cerveau conscient, la partie frontale qui rationalise et distingue le vrai du faux. C'est pour cela qu'on peut tout faire croire à un petit enfant, et c'est aussi pour cela que toutes les croyances du parent lui parviennent directement.

Au niveau de l'inconscient comme de la mémoire cellulaire, le lien est donc très fort : ce que le parent ressent, l'enfant le ressent aussi. Les problématiques d'un enfant de moins de 7 ans sont très souvent une réponse aux émotions de ses parents. D'où le message central de l'épisode : le plus beau cadeau à faire à ses enfants, c'est de faire le travail pour soi. Mieux tu vas, mieux ils vont. Et cela vaut aussi pour une nièce, un neveu, un filleul ou tout enfant de ton entourage.

« Cette peur est la mienne » : une phrase qui peut tout changer

Une amie de Fiona remarque que sa fille de 3 ans et demi n'ose pas aller dans l'eau, alors que son papa joue juste à côté. Elle comprend aussitôt : la peur de l'eau, c'est la sienne, elle l'a depuis toujours. Elle regarde sa fille dans les yeux et lui dit : « tu sais ma chérie, la peur de l'eau m'appartient, j'ai mes raisons de l'avoir. Toi, tu peux te sentir en sécurité et je t'autorise à aller t'amuser dans l'eau. » Deux minutes plus tard, la petite jouait dans l'eau avec son père. Elle n'en a plus jamais eu peur.

La même amie, enceinte, apprend au cinquième mois que son bébé a un problème d'intestin : il faudra peut-être opérer à la naissance, et personne ne sait dire à quel point c'est grave. Suivi à haut risque, cinq mois de peur de perdre son enfant. Lors d'une séance de décodage biologique, elle fait le lien avec une histoire de sa propre lignée. Elle n'a pas tout réglé pour autant, mais elle pose les mains sur son ventre et dit à son bébé : « ça, c'est mon histoire, ça ne t'appartient pas ». Les échographies suivantes ne montrent plus rien, et la petite naît en parfaite santé.

Rien qu'en nommant à voix haute qu'une peur ou un stress t'appartient, et que ton enfant n'est pas obligé de le porter, tu peux déjà faire toute la différence. Plus l'enfant est petit, plus c'est rapide. À 16 ou 20 ans, le cerveau conscient met davantage de résistance, et le chemin prend plus de temps, comme pour un adulte.

Problèmes de sommeil : quand l'enfant rassure son parent

Une maman consulte Fiona : sa fille de 6 ou 7 ans dort toujours dans le lit parental, et elle ne trouve pas de chambre pour elle. Sur le plan de la maison, il y a pourtant une pièce disponible, écartée pour toutes sortes de raisons rationnelles. Pour Fiona, quand on ne voit pas une solution qui existe dans l'espace, c'est que le blocage est grand. Plutôt que de parler de l'enfant, elle parle de la mère, et pose la question décisive : « comment te sentirais-tu si elle ne dormait plus avec vous ? ». La réponse arrive : elle ne serait pas à l'aise. En remontant l'arbre, on retrouve chez les arrière-grands-parents un bébé de 6 mois mort en pleine nuit. Le besoin de garder l'enfant près d'elle était celui de la mère. Une fois cela dit à la petite, elle a eu sa chambre, ravie.

Quand il n'y a pas d'autre cause, rythme, alimentation, aménagement, Fiona constate que les troubles du sommeil d'un enfant viennent neuf fois sur dix d'une peur de perdre l'enfant chez le parent : grossesse stressante, accouchement difficile, fausse couche juste avant, ou peur héritée d'un drame de la lignée. Dans l'inconscient, le sommeil et la mort sont proches. L'enfant reste éveillé pour montrer qu'il est bien vivant. Le bébé de l'histoire précédente a d'ailleurs longtemps mal dormi, jusqu'au jour où sa maman s'est enfin autorisée à pleurer sa propre peur.

Avant d'envoyer l'enfant chez un ostéopathe, un kinésiologue ou en coaching sommeil, regarde donc d'abord ta propre peur. Et cela ne vaut pas que pour le sommeil : bronchites, fièvres, petits maux à répétition expriment souvent quelque chose du ressenti parental.

Ce que la chambre d'un enfant révèle de ses parents

Fiona travaille beaucoup avec l'habitat, qui reflète ce que nous sommes et ce que nous portons. Un tout-petit ne choisit pas sa chambre : c'est l'énergie des parents qu'on y lit. Une chambre toute blanche peut traduire une peur de perdre l'enfant, le blanc renvoyant fortement à la solitude. Du noir évoque un deuil qui n'a pas été fait. Du mauve renvoie au lien avec l'au-delà : on ira voir s'il y a eu une fausse couche, une perte ou une grande tristesse pendant la grossesse.

C'est pour cela que Fiona conseille de se faire accompagner pendant la grossesse ou au moment de préparer une chambre d'enfant, par quelqu'un formé au décodage de l'habitat. L'idée : offrir à l'enfant un espace pensé pour ne pas répéter les schémas de la famille.

Le projet-sens : la clé de presque tous les décodages

Le deuxième pilier de l'épisode, c'est le projet-sens : tout ce qui se passe de neuf mois avant la conception jusqu'aux premiers pas, soit près de trois ans. L'énergie dans laquelle un enfant est conçu définit énormément sa façon de fonctionner. Une fausse couche quelques mois avant installe une peur de perdre l'enfant qui expliquera peut-être, plus tard, ses troubles du sommeil, ou un adulte qui ne prend jamais sa place et rend service à tout le monde, comme s'il remplaçait l'enfant qui n'est pas né.

Fiona en donne son propre exemple : très désirée, elle est pourtant née dans un contexte de diagnostic médical inquiétant pour son père. Doute, incertitude, vivre au jour le jour parce que demain n'est jamais sûr : beaucoup de ses comportements d'adulte s'éclairent par ce projet-sens. Si tes parents sont encore en vie, va leur demander ce qui s'est passé avant ta conception, pendant la grossesse et dans les mois qui ont suivi ta naissance. Dans MyGeno, la fiche projet-sens est pensée pour cela, et Fiona insiste : c'est l'urgence absolue, avant tout le reste.

Noter dès maintenant l'histoire de ton enfant

Le conseil le plus concret de l'épisode : note le projet-sens de tes enfants, sans l'analyser et sans attendre qu'un problème apparaisse. L'ambiance du couple avant la conception, l'annonce de la grossesse, les parcours de PMA, les moments difficiles et surtout les ressentis : te sentais-tu seule, abandonnée, avais-tu peur de perdre l'enfant ? Puis l'accouchement, en avance, en retard, et le post-partum.

Continue ensuite avec les événements marquants, datés : une hospitalisation, une chute dans l'escalier, un jour où ton enfant rentre de l'école en pleurs parce qu'on l'a embêté. Fiona l'a compris en devenant marraine : sur le moment, les parents sont trop pris par ce qu'ils vivent pour tout noter, et des années plus tard on se souvient vaguement d'une bronchite « vers 2 ans », mais plus du ressenti. Ces dates et ces détails comptent énormément le jour où il faut libérer quelque chose de précis.

Le corps est le plus lent à guérir, après l'énergie, l'émotion et le mental. Avoir déjà tout noté, et pouvoir demander à l'assistant de MyGeno si l'histoire familiale explique un symptôme, c'est du temps précieux que tu fais gagner à ton enfant plus tard.

Tes enfants, mais aussi tes nièces, tes neveux et tes filleuls

Le travail sur soi libère facilement les générations en dessous, beaucoup moins celles du dessus. Et il ne concerne pas que tes propres enfants. Une amie de Fiona souffre d'eczéma, qu'elle relie à un conflit de séparation et à un abandon du côté de son grand-père. Sa petite nièce de 3 ans en a déjà. En comprenant d'où vient son propre eczéma, elle peut, avec sa sœur, expliquer à la petite qu'elle n'a pas à retenir tout cela et qu'elle a le droit au contact. Commence par toi, nomme ce que tu découvres, puis note tout, jusqu'au détail. Et pour aller plus loin, l'atelier du lundi 9 novembre y est entièrement consacré, avec un temps de questions sur tes enfants.

Fiona Beenkens

Un épisode de Fiona Beenkens, auteure et conférencière, cofondatrice de MyGeno. Article rédigé à partir de l'épisode et mis à jour le 6 novembre 2026.

Les questions que tu te poses

Nos traumas se transmettent-ils vraiment à nos enfants ?

Oui, surtout avant 7 ans, quand l'enfant n'a pas encore développé son cerveau conscient et capte directement les peurs et croyances de ses parents. Ses problématiques sont alors souvent une réponse aux émotions parentales. La bonne nouvelle : en faisant le travail pour toi, tu libères aussi les générations en dessous.

Comment libérer mon enfant d'une peur qui vient de moi ?

Commence par reconnaître que cette peur t'appartient, puis dis-le simplement à ton enfant : « cette peur est la mienne, elle ne t'appartient pas, tu as le droit de te sentir en sécurité ». Chez les jeunes enfants, cette seule verbalisation peut suffire. Pour les plus grands, le chemin est plus long, comme pour un adulte.

Mon enfant dort mal : est-ce lié à mon histoire ?

Souvent, quand il n'y a pas de cause pratique (rythme, alimentation, aménagement). Selon Fiona, les troubles du sommeil reflètent très fréquemment une peur de perdre l'enfant chez le parent : grossesse stressante, accouchement difficile, fausse couche avant, ou drame dans la lignée. Il vaut mieux regarder sa propre peur avant de multiplier les thérapies pour l'enfant.

Qu'est-ce que le projet-sens et pourquoi le noter ?

C'est la période qui va de neuf mois avant la conception jusqu'aux premiers pas. Le contexte de la conception, de la grossesse et des premiers mois éclaire une grande partie des comportements de l'enfant puis de l'adulte. Le noter tôt, avec les ressentis et les dates, est l'un des plus beaux cadeaux à faire à ton enfant.

Faut-il raconter toute l'histoire familiale à un jeune enfant ?

Non. Évite les récits traumatisants avec les tout-petits. L'essentiel est que toi tu connaisses ton histoire et que tu nommes simplement ce qui ne lui appartient pas. Plus tu as conscience de ce que tu portes, moins tu le transmets.

Envie de voir ce que ton arbre révèle ?

Construis ton génogramme avec MyGeno et retrouve dans ta lignée ce que cet épisode t'a fait entrevoir. Ou viens en parler en direct : le premier atelier de Fiona est offert.

Les notions de cet épisode sont expliquées dans la psychogénéalogie, le génogramme et le glossaire.