construire son histoire

Arbre généalogique : comment le faire, et comment le lire autrement

Un arbre généalogique représente ta famille génération après génération. Voici comment le construire pas à pas, où trouver les informations, ce qu'il doit contenir pour vraiment parler de toi, et les règles qui le transforment en outil de compréhension de ton histoire familiale.

Qu'est-ce qu'un arbre généalogique ?

Un arbre généalogique représente les membres d'une famille et les liens qui les unissent, génération après génération : qui est le parent de qui, qui s'est marié avec qui, qui sont les frères et sœurs. C'est la carte de base de toute histoire familiale.

On distingue trois formes, selon le point de départ :

  • L'arbre ascendant part d'une personne et remonte vers ses parents, ses grands-parents, ses arrière-grands-parents. C'est la forme la plus courante quand on cherche ses origines.
  • L'arbre descendant part d'un couple d'ancêtres et descend vers tous leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Il sert à retrouver les cousins et les branches éloignées.
  • L'arbre mixte combine les deux autour d'une personne centrale : ses ascendants, mais aussi ses frères et sœurs, ses oncles, ses tantes et leurs enfants. C'est la forme utile pour le travail transgénérationnel, parce que les fratries comptent autant que les lignes directes.

La numérotation Sosa, pour s'y retrouver

Dans un arbre ascendant, les généalogistes numérotent les ancêtres avec le système Sosa-Stradonitz. La personne de départ porte le numéro 1. Le père d'une personne porte le double de son numéro, la mère le double plus un.

Ton père est donc le 2, ta mère le 3, ton grand-père paternel le 4, ta grand-mère paternelle le 5, et ainsi de suite. Les hommes ont toujours un numéro pair, les femmes un numéro impair, et chaque génération double : 2 parents, 4 grands-parents, 8 arrière-grands-parents, 16 à la génération suivante.

Ce système est pratique pour classer des actes d'état civil. Il ne dit en revanche rien des frères et sœurs, des unions successives ni des enfants disparus, qui sont justement au cœur de la psychogénéalogie.

Comment faire son arbre généalogique, étape par étape

Commence petit et avance génération par génération. Un arbre se construit sur plusieurs semaines, pas en une soirée.

  1. Pars de toi. Note tes nom, prénoms, date et lieu de naissance, puis ceux de tes parents et de tes frères et sœurs.
  2. Interroge la famille, et commence par les plus âgés. Ce qu'ils savent disparaît avec eux. Demande les dates, les lieux, les métiers, mais aussi les histoires : qui est parti, qui ne se parlait plus, qui est mort jeune.
  3. Rassemble les documents de la maison : livret de famille, faire-part, photos annotées, lettres, actes notariés. Le livret de famille donne à lui seul deux générations complètes.
  4. Complète avec l'état civil. Les actes de naissance, de mariage et de décès se demandent à la commune. Les registres anciens sont consultables, souvent en ligne, aux archives départementales en France et aux Archives de l'État en Belgique.
  5. Note la source de chaque information. Une date transmise de mémoire n'a pas la même valeur qu'un acte. Garder la trace évite de recopier une erreur sur trois générations.
  6. Avance jusqu'à trois ou quatre générations avant d'aller plus loin. C'est la profondeur où se joue l'essentiel des transmissions familiales.

Et si tu ne sais presque rien de ta famille ? C'est plus fréquent qu'on ne le croit : adoption, rupture, secret, parent absent. Les blancs de l'arbre sont eux aussi une information, et il existe des façons d'avancer malgré eux (voir les liens en bas de page).

Ce qu'un arbre doit contenir pour parler de toi

Un arbre de généalogiste s'arrête souvent aux noms et aux dates. Pour comprendre ce qui se transmet, il en faut un peu plus, et ce sont des détails qu'on oublie facilement :

  • Les dates complètes, jour et mois compris, de naissance, de mariage et de décès. C'est ce qui permet de repérer les anniversaires qui se répètent.
  • Les fratries entières, y compris les enfants morts jeunes, les fausses couches et les grossesses non menées à terme.
  • Toutes les unions, avec les séparations, les divorces et les enfants de chaque union.
  • Les prénoms complets, deuxièmes et troisièmes prénoms compris.
  • Les métiers, les maladies, les accidents, les migrations, et l'âge de chacun au moment où ils ont eu lieu.
  • Le contexte de ta naissance : ce que vivaient tes parents pendant la grossesse et tes premiers mois.

Les règles qui transforment un arbre en génogramme

La psychogénéalogie ne dessine pas l'arbre n'importe comment. Elle suit des conventions précises, qui font qu'un arbre se lit d'un coup d'œil et que les répétitions sautent aux yeux :

Exemple de génogramme sur trois générations, avec un âge qui se répète entre un oncle et un neveuHenri1924 · 1979Marthe1927 · 2011Louis1930Rose1933 · 2019Odette1950Michel1953Anne1956Jacques1958 · 1977fausse couche1982Julie1984Hugo1988Jacques meurtà 19 ans. Au même âge,Hugo, son neveu,a un accident.
Un arbre sur trois générations dessiné selon les conventions du génogramme.
  • Les générations sont alignées sur une même ligne horizontale : tous les cousins d'une génération à la même hauteur.
  • La lignée paternelle est à gauche, la lignée maternelle à droite.
  • Dans une fratrie, l'aîné est à gauche et le plus jeune à droite, ce qui rend le rang de chacun visible.
  • Les symboles sont normalisés : un carré pour un homme, un cercle pour une femme, une croix pour un décès, un trait différent pour un mariage, une vie commune, une séparation ou un divorce.
  • Les événements sont datés sur la personne, pour pouvoir comparer les âges d'une génération à l'autre.

C'est ce qui distingue un arbre généalogique d'un génogramme : le premier dit qui est qui, le second montre ce qui se rejoue.

Pourquoi un simple modèle ne suffit pas

Un modèle d'arbre à imprimer ou un tableur fonctionnent pour classer des noms. Ils s'effondrent dès qu'on veut faire un travail sur son histoire familiale : une famille recomposée ne rentre pas dans les cases, une fratrie de huit déborde, et surtout, rien n'y est calculé.

Or les liens qui comptent en psychogénéalogie ne se voient pas à l'œil nu sur trente personnes. Une grand-tante morte au même âge que celui où tu as fait ton premier burn-out. Un prénom qui revient à chaque génération sous une autre forme. Une naissance qui tombe quelques jours après la date de décès d'un aïeul. Il faut comparer chaque date, chaque âge et chaque prénom avec tous les autres.

C'est pour cela que Fiona et Pierre ont construit MyGeno comme un système, pas comme un modèle. L'arbre se dessine tout seul selon les règles du génogramme, les générations restent alignées même dans une famille recomposée, et les liens transgénérationnels sont calculés pour toi : syndrome d'anniversaire, âges critiques, répétitions de prénoms, rangs dans la fratrie. Tu ajoutes une personne, l'arbre et ses liens se mettent à jour.

Et parce qu'un arbre ne se lit pas seul, MyGeno t'accompagne ensuite dans les quatre étapes de la méthode de Fiona : récolter, comprendre, libérer, agir.

Les questions fréquentes

Comment faire un arbre généalogique gratuitement ?

Les sources de base sont gratuites : ta famille, le livret de famille, les actes d'état civil demandés à la commune et les registres numérisés des archives départementales ou des Archives de l'État. Commence par trois générations sur papier pour rassembler les informations. Pour les analyser, un outil qui calcule les liens fait gagner un temps considérable.

Combien de générations faut-il remonter ?

Pour un travail sur son histoire familiale, trois à quatre générations suffisent : toi, tes parents, tes grands-parents et si possible tes arrière-grands-parents, avec toutes les fratries. C'est à cette profondeur que se jouent la plupart des répétitions. Les généalogistes vont parfois bien au-delà, mais les informations deviennent alors surtout administratives.

Quelle est la différence entre un arbre généalogique et un génogramme ?

L'arbre généalogique montre la filiation : qui descend de qui. Le génogramme ajoute des symboles normalisés, les dates complètes, les événements de vie, la qualité des relations et les fratries entières, pour faire apparaître ce qui se répète d'une génération à l'autre. C'est l'outil de la psychogénéalogie.

Que faire quand il manque des informations dans l'arbre ?

Note ce que tu ne sais pas plutôt que de laisser vide : « père inconnu », « date approximative », « on n'en parlait jamais ». Les zones d'ombre sont souvent les plus parlantes. Tu peux aussi interroger des cousins ou des voisins de l'époque, et compléter plus tard. Un arbre se construit dans le temps.

Peut-on faire un arbre généalogique quand on a été adopté ?

Oui. On peut représenter les deux familles, adoptive et de naissance, avec un trait distinct pour l'adoption. Même si la famille de naissance est inconnue, la poser dans l'arbre, avec ses blancs, fait partie du travail. Pour aller plus loin dans ce cas, un accompagnement par un professionnel est souvent précieux.

Pour aller plus loin

L'outil de la psychogénéalogie : le génogramme, ses symboles et sa lecture, et la psychogénéalogie, ce qui se transmet et comment s'en libérer.

Les liens à repérer : syndrome d'anniversaire, âge critique, répétition de prénoms, rang dans la fratrie, secret de famille.

Pour entendre Fiona : Comment récolter ton histoire familiale, et comment décoder ton histoire quand tu n'as aucune information.

Crée ton arbre avec MyGeno

Ton arbre se dessine selon les règles du génogramme, et les liens de dates, de prénoms et de rangs sont calculés pour toi. Tu avances ensuite avec la méthode de Fiona, en quatre étapes.