Un éveil spirituel qui déconnecte du monde
Fiona parle de l'intérieur : elle est elle-même profondément spirituelle, et c'est pour cela qu'elle se permet ce constat. On s'ouvre le plus souvent à la spiritualité quand on va mal. À dix-neuf ans, c'est ce qui l'a sauvée : croire qu'il existait quelque chose de plus grand, que ce qu'elle vivait avait un sens. Puis, pendant plusieurs années, elle s'est déconnectée du réel : plus envie de jouer au foot avec des amis, plus envie de dîners aux discussions jugées fades, plus de temps passé à méditer dans sa chambre qu'à rencontrer des humains. Son premier compte Instagram s'appelait d'ailleurs « meditation.fiona ».
Venue d'un milieu où le paraître comptait beaucoup, elle est passée à l'extrême inverse : plus rien de matériel n'avait de valeur. Beaucoup se reconnaîtront dans cette phase d'éveil où l'on ne veut plus parler que de spiritualité et ne s'entourer que de gens qui pensent pareil.
Et pourtant, elle le dit sans détour : la spiritualité n'a pas guéri ses problèmes. Ni son rapport au corps et au poids, ni sa difficulté avec le masculin. Elle l'a aidée à comprendre, à avoir la foi, à attirer de belles choses. Mais ce qui l'a libérée, c'est le décodage et le travail sur le transgénérationnel : comprendre que sa grand-mère avait été abandonnée et que cette histoire vivait encore dans ses cellules. Aujourd'hui, elle a retrouvé un équilibre, et sa vie est beaucoup plus légère.
Le déclic : quand tout annonçait une guérison qui n'est pas venue
Le premier déclic a été la maladie d'Emmanuelle, sa meilleure amie, décédée il y a quelques mois à trente-cinq ans. Une femme très spirituelle, qui n'était pas contre la médecine : elle a mené de front le parcours médical et le parcours spirituel. Mais tout ce qui venait de la sphère spirituelle disait la même chose. Toutes les thérapeutes sentaient une énergie tournée vers la guérison, tous les tirages annonçaient qu'elle allait guérir. Fiona a relu leurs conversations : c'est hallucinant à quel point tout convergeait vers une guérison qui n'a pas eu lieu.
Cela n'a rien enlevé à sa foi dans l'au-delà, au contraire. Mais cela a remis en question la façon dont on utilise la spiritualité. Deuxième déclic : une amie de la période d'éveil, qui expliquait chaque difficulté de sa vie par une histoire karmique, une vie antérieure ou l'astrologie. Deux ans plus tard, malgré la méditation quotidienne et des dizaines de livres, rien n'allait mieux dans sa vie ni dans sa santé. La question que Fiona voulait lui poser était toute autre : de quoi ton corps essaie-t-il de te protéger, dans cette vie-ci ? Qu'ont vécu ta grand-mère et ton arrière-grand-mère ?
Quatre grossesses, deux philosophies, et ce que les enfants en disent
Le vrai basculement est venu de ses consultations sur le projet-sens, ce qui se joue autour de la conception et de la naissance. Au même moment, quatre amies de Fiona étaient enceintes à quelques mois d'intervalle : deux très médicales, qui font confiance à l'hôpital sans se poser de questions, et deux très spirituelles, qui préparaient depuis neuf mois un accouchement à domicile, renseignées sur le fonctionnement ancestral du corps de la femme. Fiona s'identifiait évidemment aux secondes.
La vie en a décidé autrement : les deux accouchements à domicile ont fini à l'hôpital, dans la difficulté. Aujourd'hui, les quatre enfants ont entre un an et demi et deux ans. Les deux dont les mères se sont laissées porter, sereines, dorment et vont très bien. Les deux nés dans le stress d'un projet de naissance qui ne s'est pas réalisé dorment beaucoup moins bien et enchaînent les petits bobos. Ce qui compte, ce ne sont pas les faits, ce sont les ressentis de la mère, que l'enfant reçoit directement.
Une cliente en donne l'illustration la plus nette. Son fils ne dormait pas. Elle avait tout préparé pour accoucher chez elle ; l'enfant est arrivé avec dix jours de retard, elle a refusé le déclenchement, et sa sage-femme s'est retirée du projet. Elle l'a vécu comme un abandon, mot qu'elle a employé elle-même, avant un accouchement hospitalier très difficile. Neuf ans plus tard, elle n'avait toujours pas digéré cette naissance, et son fils portait, entre autres, une peur d'être abandonné. Le deuil d'une projection qui ne s'est pas réalisée est un deuil comme un autre, et c'est l'un de ceux qui se transmettent le plus.
Son formateur lui a dit une phrase qu'elle a d'abord refusée : mieux vaut parfois une césarienne programmée vécue dans la confiance qu'un accouchement à la maison qui tourne mal. L'enfant né dans le calme aura probablement moins à régler que celui pour qui rien ne s'est passé comme prévu, et qui risque de rejouer toute sa vie ce « rien ne se passe jamais comme prévu ». De même, une mère qui ne veut pas allaiter mais s'y force par culpabilité, à cause de tout le contenu qu'elle consomme, transmettra davantage cette culpabilité que le bénéfice de l'allaitement. Il ne s'agit pas d'opposer médical et spirituel, mais de les réunir, et de revenir à ce qui est juste pour soi.
Pourquoi la même thérapie guérit l'un et pas l'autre
Emmanuelle lisait beaucoup d'histoires de guérisons miraculeuses par la méditation, l'hypnose, les chamans. Elles existent. Mais pourquoi une personne guérit-elle d'une méthode et pas une autre ? En décodage, la réponse tient à la certitude. Celui qui est persuadé de guérir chez un chaman guérira probablement, parce qu'il n'y a pas de place pour le doute. Or l'abondance de contenus fait naître le doute : un témoignage de guérison, puis deux minutes plus tard un témoignage d'échec avec le même protocole. La spiritualité peut donc guérir, mais elle ne guérit pas tout le monde.
Fiona a vécu plusieurs mois à Bali, capitale mondiale des personnes spirituelles. Des gens qui se disent libres, détachés du cadre de la société, et qui pourtant tombent malades et ont peur de leur corps comme tout le monde. Le fameux « Bali belly » en est le symbole : si l'eau du robinet rendait malade à cent pour cent, tout le monde le serait. Ce n'est pas le cas. En décodage, un corps qui ne digère pas quelque chose n'a pas digéré une situation. Même logique pour le rhume : ce n'est pas le froid qui le donne, c'est la peur d'être envahi dans son territoire, sinon tous ceux qui croisent un enrhumé seraient malades. Ces lectures vont à l'encontre de ce qu'on apprend, mais elles mènent à une chose précise : la vraie liberté, c'est de savoir qu'on est maître de son corps.
Les peurs cellulaires passent toujours avant la foi
C'est le cœur de l'épisode. Le corps et le cerveau n'ont qu'un objectif : nous maintenir en vie. Face à un danger, réel ou hérité, les cellules auront toujours le premier mot, avant toute foi spirituelle. Tant que les peurs inscrites par l'histoire familiale, la grossesse, la naissance et la petite enfance n'ont pas été libérées, elles reprennent le dessus. C'est seulement quand ce socle est apaisé que la spiritualité peut entrer avec toute sa puissance, y compris de guérison.
Cela vaut aussi pour l'intuition. Beaucoup disent : « je sais que c'est bon pour moi, c'est guidé ». Parfois, ce n'est pas une intuition : c'est une solution de survie dictée par les cellules, qui évitent un chemin parce qu'il a mal tourné dans la lignée. La différence entre les deux change tout.
D'où l'ordre que propose Fiona. La foi, la connexion à l'au-delà, la croyance : toujours, à chaque étape. Mais dès qu'on utilise la spiritualité pour soigner des blessures, respiration, constellations familiales, chamanisme, travail énergétique, cela devrait venir après un travail de libération transgénérationnelle, une compréhension cellulaire de ce dont le corps essaie de nous protéger. Ce que Pierre, cofondateur de MyGeno, a compris en Thaïlande quand ils se sont rencontrés, ce n'est pas une révélation spirituelle : c'est qu'avec le décodage et le transgénérationnel, on peut vivre une vie où l'on n'a plus peur.
Ce que ça change concrètement
Fiona ne donne pas de guide pour être plus ou moins spirituel. Son seul conseil : ne néglige pas ton histoire familiale. Explore tes vies karmiques si tu le souhaites, mais en parallèle, va comprendre ce qui s'est passé dans ton arbre, autour de ta naissance, de la grossesse et de ta petite enfance. C'est là que se font les vrais déblocages ; la puissance de la spiritualité vient ensuite, et elle est immense.
Ce qui la guérit le plus aujourd'hui, c'est cette liberté : ne plus avoir peur que son corps crée une maladie, ne plus se sentir dépendante de l'extérieur, du rhume du voisin ou des microbes de la crèche. Non pas par contrôle mental, mais par la certitude que tout se joue à l'intérieur, et que le corps peut guérir de n'importe quelle situation une fois son histoire comprise. C'est exactement le travail que permet MyGeno : reconstituer l'arbre, relier les événements et les peurs, et libérer ce qui se transmet avant que le corps n'ait besoin de le dire.

Un épisode de Fiona Beenkens, auteure et conférencière, cofondatrice de MyGeno. Article rédigé à partir de l'épisode et mis à jour le 18 septembre 2026.
Les questions que tu te poses
En quoi la spiritualité peut-elle bloquer la guérison ?
Quand elle sert de refuge qui explique tout par le karma, les vies antérieures ou les tirages, elle dispense d'aller voir ce que le corps exprime dans cette vie-ci. Les peurs inscrites dans les cellules par l'histoire familiale et la naissance prennent toujours le dessus sur la foi : tant qu'elles ne sont pas libérées, la spiritualité ne peut pas déployer sa puissance de guérison.
Faut-il choisir entre médecine et spiritualité ?
Non, l'épisode plaide pour les réunir. Ce qui compte le plus n'est pas le protocole choisi mais le ressenti avec lequel on le vit : une césarienne programmée vécue dans la confiance laisse souvent moins de traces qu'un accouchement à domicile qui tourne au stress et au deuil d'un projet. Faire ce qui est juste pour soi, avec le moins de peur possible, protège aussi l'enfant.
Comment distinguer une intuition d'une peur cellulaire ?
Une vraie intuition ouvre un chemin ; une peur cellulaire en évite un parce qu'il a mal tourné dans la lignée ou dans l'enfance, et se déguise en « c'est guidé ». Regarder ce qui s'est passé dans l'histoire familiale autour du même sujet permet de faire la différence, et de ne plus confondre survie et guidance.
Dans quel ordre travailler ?
Garder la foi et la connexion à chaque étape, mais placer les outils thérapeutiques spirituels (respiration, constellations, chamanisme, énergétique) après un travail de libération transgénérationnelle : comprendre de quoi le corps protège, ce qui s'est joué autour de la naissance et dans l'arbre. C'est une fois ce socle apaisé que les vraies guérisons ont lieu.
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