le podcast de Fiona, épisode du 10 septembre 2026

Pourquoi tu n'arrives pas à perdre du poids : ce que ton histoire familiale révèle

Si les régimes ne tiennent jamais, ce n'est pas un manque de volonté : ton corps pense avoir besoin de ces kilos. En décodage biologique, les problèmes de poids renvoient presque toujours à un ressenti d'abandon, réel ou transmis par la lignée, face auquel le corps fait des réserves, se rend plus fort ou cherche à être vu. Comprendre laquelle de ces trois logiques est à l'œuvre chez toi, et à quel événement elle répond, est la seule façon de perdre du poids pour de bon.

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Ton corps n'est jamais contre toi

Dans la nature, un bébé séparé de sa mère n'est pas nourri. Notre partie consciente sait bien qu'un père ou une nourrice prendra le relais, mais le fœtus et le tout-petit fonctionnent uniquement en mode survie : pour eux, être nourri par la mère est vital. C'est pourquoi, derrière la plupart des problèmes de poids, on retrouve un lien avec l'abandon. Pas forcément une mère qui part : un ressenti d'abandon suffit.

Fiona utilise une image qui l'a beaucoup aidée. Imagine que tu doives traverser le Sahara seul, sans personne pour te nourrir. Tu dois emporter des réserves. Vaut-il mieux un sac à dos de quarante kilos, ou stocker ces réserves dans ton corps, quitte à avancer plus lentement ? Le corps choisit la seconde option. Il ne fait pas ça contre toi : il croit sincèrement qu'il traverse un désert affectif et qu'il doit tenir.

C'est la différence fondamentale avec les régimes : tant qu'on ne comprend pas pourquoi le corps pense avoir besoin de ces kilos, il les reprendra. Le travail consiste à lui montrer que le danger n'existe plus.

Les trois raisons pour lesquelles le corps garde du poids

Faire des réserves. Au cas où. C'est la logique du Sahara : quelque part dans l'histoire, la nourriture ou l'affection a manqué, et le corps stocke par précaution.

Être fort. Un corps imposant fait fuir les prédateurs. Quand on a le sentiment de devoir tout porter, d'affronter la vie seul, de ne pouvoir compter sur personne, il n'est pas étonnant que le corps prenne cette force au sens propre, dans ses formes.

Être vu. Pour celles et ceux qui se sont sentis effacés ou non désirés, prendre dix kilos peut être le seul moyen inconscient d'obtenir un regard. « Mon enfant, tu as grossi » n'est pas ce qu'on rêve d'entendre, mais pour l'inconscient, c'est enfin de l'attention.

Réserves, force ou visibilité : la réponse se trouve tantôt dans l'histoire récente, tantôt dans les circonstances de la naissance, tantôt dans l'histoire familiale. Dans tous les cas, on cherche l'endroit où s'est inscrite la sensation d'être abandonné, donc de manquer.

Conflit d'abandon et conflit de silhouette : pourquoi l'effet yo-yo existe

Beaucoup de personnes travaillent l'abandon en thérapie, et c'est juste. Mais il y a souvent une deuxième couche qu'on oublie : le conflit de silhouette, le fait de ne jamais être satisfait de ce qu'on voit dans le miroir. Il faut donc se demander honnêtement : est-ce un vrai problème de surpoids, ou surtout un cerveau qui n'aime pas son reflet ?

C'est cette double mécanique qui explique l'effet yo-yo. Tu n'aimes pas ton corps, tu fais un régime, tu maigris. Mais pour ton cerveau, être maigre est un danger : cela contredit son besoin de réserves et de force. Il te laisse maigrir un temps, puis reprend la main et te fait reprendre du poids, un peu plus qu'avant, par sécurité, puisque la première alerte n'a pas suffi. Tu recommences, il recommence. Tant que la peur d'être sans réserve n'est pas libérée, le poids revient toujours.

Et pour les personnes qui n'arrivent pas à prendre du poids ? C'est la même problématique d'abandon maternel, exprimée à l'inverse. Là où le corps fort se prépare à affronter seul le danger, le corps très mince est celui de quelqu'un qui court toute sa vie derrière une mère absente, souvent émotionnellement : pour courir vite, il faut être léger.

L'histoire de Fiona : trois kilos, un premier régime, moins dix puis plus vingt

Depuis toute petite, Fiona a voulu perdre trois kilos. Une obsession, alors qu'elle n'a jamais été en surpoids : un pur conflit de silhouette, nourri par la comparaison avec une amie plus mince. Ce n'est que des années plus tard qu'elle a compris ce que disait ce chiffre : trois ans la séparent de son grand frère, et une grande partie de son projet-sens tourne autour de cette naissance attendue pour lui. Comme s'il fallait rattraper ces trois années.

Cette obsession l'a menée à un premier vrai régime. Or dans son histoire familiale, il y a un abandon : sa grand-mère a été séparée de sa mère à la naissance. Ce régime a été le déclencheur de ses vrais problèmes de poids. Au poids rêvé, elle ne s'est jamais sentie aussi mal : elle ne sortait plus, évitait tout événement social par peur de devoir manger trois repas dans la journée. Puis la peur de reprendre est arrivée, et le corps a repris le double : de moins dix à plus vingt kilos, très vite, alors qu'elle ne mangeait presque rien et que son entourage la soupçonnait de manger en cachette.

C'est cette injustice qui l'a fait penser autrement : si son corps pouvait grossir par la seule pensée, il pouvait aussi maigrir dans l'autre sens. L'hypnose a réglé l'obsession mentale de la nourriture. Mais c'est le décodage qui a tout relié : ses problèmes de poids avaient commencé à quinze ans, le jour où une de ses meilleures amies a perdu sa mère. Première confrontation à l'idée qu'on peut perdre sa maman, sa plus grande peur cellulaire, héritée de cette séparation dans la lignée. Les crises d'angoisse ont commencé à ce moment-là, et la prise de poids aussi.

Avec le recul, chaque prise et chaque perte de poids de sa vie suivait la même variable : la distance, réelle ou ressentie, avec sa mère. Puis les abandons virtuels ont pris le relais, un homme, un projet à abandonner. Le vrai travail a consisté à dire à son corps qu'il n'avait pas de désert affectif à traverser, qu'elle pouvait tout gérer par elle-même. Et c'est ce parcours corporel qui l'a menée à faire ce métier.

Dater tes prises et pertes de poids pour trouver la cause

Premier outil, très concret : une ligne du temps. Note à quel âge tu as commencé à prendre du poids, à en perdre, combien de kilos à chaque fois, combien tu voulais en perdre. Les chiffres sont révélateurs, et les cycles aussi. C'est ainsi que Fiona a vu l'histoire des trois kilos, et compris qu'elle grossissait chaque fois qu'une personne aimée s'en allait.

Deuxième étape : pour chaque moment charnière, regarde le contexte. Que s'est-il passé ? Qu'as-tu ressenti ? Quelqu'un est-il parti, revenu ? Y a-t-il un lien avec ta mère ? Quel ressenti revient d'un cycle à l'autre ? Remonte le plus loin possible, jusqu'à la toute première fois.

Troisième étape : la naissance. C'est là que les cellules se programment. Y a-t-il eu une séparation ? As-tu été allaité, et comment cela s'est-il passé ? Ce n'est pas l'allaitement en soi qui compte, mais le ressenti et l'éventuelle frustration autour de ce premier lien à la nourriture. Une nourrice ? Une mère malade, absente, décédée tôt ? Chacun de ces éléments dépose une mémoire d'abandon.

Ce qu'on cherche dans l'arbre généalogique

Quand la réponse n'est pas dans ta propre vie, elle est une génération plus haut. On cherche évidemment des femmes seules ou abandonnées et des enfants abandonnés, placés ou élevés ailleurs, ne serait-ce que les premiers mois, sans le contact de la mère. Mais aussi des familles où il y avait trop de bouches à nourrir : une mémoire de famine suffit pour que le corps, par précaution, fasse du stock.

Attention aussi aux mères décédées jeunes. Quand on dit à un enfant « maman est partie, elle ne reviendra pas », il le vit comme un abandon : il ne comprend pas que ce n'est pas sa faute. D'où l'importance de nommer la mort pour ce qu'elle est.

C'est un travail de profondeur, et c'est précisément ce que permet MyGeno : noter tous ces événements étape par étape, et laisser l'assistant repérer ce qu'on ne voit pas seul, la répétition d'une prise de poids à chaque départ, l'événement familial qui résonne avec la tienne. Pour la méthode complète, la série de cinq épisodes sur le transgénérationnel explique comment on libère n'importe quelle problématique.

Ce que ta cuisine et ta décoration disent de tes réserves

L'habitat permet de décoder, puis de libérer. Premier indice : où est la cuisine ? Si c'est la première chose que tu vois en entrant, ta mémoire cellulaire a besoin d'un accès immédiat à la nourriture. Si ton premier réflexe en rentrant est d'ouvrir le frigo sans avoir faim, il y a dans ta famille des mémoires de famine et de manque : ton cerveau vérifie qu'il y a à manger.

Deuxième indice : les réserves. Conserves en trop, placards pleins, objets et décorations accumulés. Fiona a vu bien des consultations sur le poids aboutir au même blocage : au moment de proposer à la cliente de se délester de ce qui n'était pas nécessaire chez elle, c'était impossible. Tant qu'on a besoin de ses réserves dans son intérieur, le corps ne s'allège pas non plus. La légèreté retrouvée dans l'habitat est en corrélation directe avec celle du corps, et alléger son espace en conscience est déjà une façon d'agir.

Troisième indice : les animaux. Beaucoup de baleines chez toi, ou une forte présence de la mer et de l'eau ? La baleine est un animal très proche de sa mère : la piste maternelle mérite d'être explorée. Des éléphants et des animaux lourds ? Le corps a besoin d'être fort, reste à comprendre contre quoi. Et ce n'est pas un hasard si les grands coureurs sont rarement en surpoids : courir, pour l'inconscient, c'est courir derrière quelque chose, ou fuir quelqu'un. La question vaut pour eux aussi.

Fiona Beenkens

Un épisode de Fiona Beenkens, auteure et conférencière, cofondatrice de MyGeno. Article rédigé à partir de l'épisode et mis à jour le 11 septembre 2026.

Les questions que tu te poses

Pourquoi je reprends toujours le poids perdu après un régime ?

Parce que pour ton cerveau, maigrir est un danger : cela contredit son besoin de réserves ou de force face à un abandon ancien. Il laisse le régime agir un temps, puis fait reprendre un peu plus de poids qu'avant, par sécurité. Cet effet yo-yo se répète tant que la peur d'être sans réserve n'a pas été comprise et libérée.

Quel est le lien entre abandon et prise de poids ?

Un bébé séparé de sa mère n'est pas nourri : pour le corps, abandon et manque de nourriture sont une seule et même chose. Face à un ressenti d'abandon, réel ou hérité de la lignée, il fait des réserves, se rend imposant pour affronter seul le danger, ou grossit pour être enfin vu. Ce ressenti peut venir de l'enfance, de la naissance ou d'une génération précédente.

Cette lecture vaut-elle aussi quand on n'arrive pas à prendre du poids ?

Oui, c'est la même problématique d'abandon maternel exprimée à l'inverse. Là où le corps fort se prépare à tenir seul, le corps très mince est celui qui court derrière une mère absente, souvent émotionnellement : pour courir vite, il faut être léger. Les questions à se poser sont les mêmes.

Par où commencer pour décoder mes problèmes de poids ?

Par une ligne du temps : âges et nombre de kilos de chaque prise et perte de poids, puis le contexte émotionnel de chaque moment charnière (départ, retour, lien avec la mère). Ensuite les circonstances de la naissance (séparation, allaitement, nourrice), puis l'arbre : femmes abandonnées, enfants placés, familles nombreuses, mères décédées jeunes. Enfin, un regard critique sur la cuisine, les réserves et les animaux de ton intérieur.

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