le podcast de Fiona, épisode du 14 mai 2026

Pourquoi ta thérapie ne fonctionne pas (et ce que ton arbre familial a à y voir)

Si tu enchaînes les thérapies et que la même problématique revient toujours, la cause la plus fréquente n'est pas la méthode ni le thérapeute : c'est que tu traites le mauvais trauma. Tant qu'on n'a pas identifié précisément ce qui se transmet dans l'histoire familiale, on peut travailler des années à côté de la vraie blessure. C'est tout l'enjeu du transgénérationnel : cibler juste avant de travailler fort.

Tu préfères l'audio ? Écoute l'épisode en podcast (Spotify, Apple Podcasts…).

Pourquoi une même thérapie guérit une personne et pas une autre

C'est la question qui a lancé tout le travail de Fiona : pourquoi deux personnes, avec la même problématique et le même accompagnement, obtiennent-elles des résultats radicalement différents ? La réponse ne se trouve presque jamais dans la technique employée. Elle se trouve dans le ciblage : l'une travaille sur la vraie blessure, l'autre sur une blessure voisine, plausible, mais qui n'est pas la sienne.

Une problématique qui revient sans cesse malgré le travail est un signal, pas un échec. Elle indique que la cause profonde n'a pas encore été nommée. Et quand une blessure résiste à tout, il y a de fortes chances qu'elle ne soit pas née dans ta propre vie : elle peut venir de plus loin, de ton histoire familiale.

Le mauvais trauma : l'histoire personnelle de Fiona

Fiona raconte dans cet épisode avoir passé 28 ans à traiter un trauma d'abandon. Bébé, elle hurlait dès qu'elle perdait sa mère de vue ; enfant, elle demandait chaque matin si on reviendrait la chercher. Toutes les thérapies sont remontées à la même origine : sa grand-mère, abandonnée à la naissance. Le travail soulageait, puis la peur revenait, année après année.

Jusqu'au jour où l'histoire s'est précisée : sa grand-mère n'a pas été abandonnée. Son arrière-grand-mère, trop jeune, a été forcée de s'en séparer. Ce n'est pas la même blessure : un abandon dit « on ne m'a pas voulue », une séparation forcée dit « on m'a arrachée ». Le ressenti transmis n'était pas la peur de ne pas être aimée, mais la peur qu'on lui prenne sa mère. Le jour où le bon trauma a été nommé, les déblocages ont enfin tenu.

C'est la leçon centrale de l'épisode : la précision compte plus que l'intensité du travail. Des années de thérapie sur une blessure approximative pèsent moins qu'une seule séance sur la blessure exacte.

Comment un ressenti se transmet d'une génération à l'autre

Le principe du transgénérationnel tient en une phrase : ton corps et ton cerveau n'ont qu'un objectif, te protéger du danger. Quand un drame n'a pas pu être digéré dans une famille, ce qui n'a pas été dit ne disparaît pas : le ressenti se transmet, et la génération suivante met en place des protections contre un danger qu'elle n'a jamais vécu.

C'est ainsi qu'un bébé peut porter la peur d'une aïeule, qu'une personne n'attire jamais l'amour parce qu'aimer a un jour été dangereux dans sa lignée, ou qu'une autre s'interdit la réussite parce que la réussite a coûté cher à un ancêtre. Ces protections avaient un sens à la génération du drame. Elles n'en ont plus pour toi, mais ton système ne le sait pas encore.

Les quatre étapes qui manquent à la plupart des thérapies

L'épisode pose la méthode qui structure toute la mini-série : récolter, comprendre, libérer, agir. Quatre étapes, dans cet ordre, et c'est presque toujours la première qui manque : on entame un travail thérapeutique sans avoir récolté l'histoire familiale, donc sans savoir ce qu'on cherche.

Récolter, c'est rassembler les faits et les ressentis de ta lignée : qui a vécu quoi, à quel âge, et surtout comment ça a été vécu. Comprendre, c'est relier ta problématique à ce qui se répète. Libérer, c'est rendre à chacun ce qui lui appartient. Agir, c'est montrer à ton cerveau, par des actes concrets, que le danger est terminé. Chaque étape a son épisode dans la suite de la série.

Avant de poursuivre, fais l'exercice que Fiona propose : note la problématique que tu veux libérer, non pas en faits (« je n'arrive pas à épargner ») mais en ressenti (« je me sens en insécurité dès que j'ai de l'argent »). C'est ce ressenti précis que tu chercheras dans ton arbre.

Par où commencer si tu te reconnais

Commence par poser ton arbre à plat : c'est exactement ce que permet un génogramme, l'arbre généalogique enrichi des événements, des dates et des liens émotionnels. Les répétitions y deviennent visibles : les âges auxquels tout bascule, les prénoms qui reviennent, les ruptures qui se ressemblent d'une génération à l'autre.

Puis croise ta problématique avec ce que tu découvres. Si ta peur, ton blocage ou ta répétition résonne avec l'histoire d'un ancêtre, tu tiens probablement la bonne piste, celle qui rendra tout travail thérapeutique enfin efficace. La suite de la mini-série détaille chaque étape, en commençant par la récolte de ton histoire familiale.

Fiona Beenkens

Un épisode de Fiona Beenkens, auteure et conférencière, cofondatrice de MyGeno. Article rédigé à partir de l'épisode et mis à jour le 26 août 2026.

Les questions que tu te poses

Pourquoi ma thérapie ne donne-t-elle aucun résultat durable ?

Dans la lecture transgénérationnelle, la cause la plus fréquente est un mauvais ciblage : le travail porte sur une blessure plausible mais inexacte. Tant que le vrai trauma, souvent hérité de l'histoire familiale, n'est pas identifié précisément, les améliorations restent temporaires et la problématique revient.

Qu'est-ce que le transgénérationnel ?

C'est l'étude de ce qui se transmet d'une génération à l'autre sans passer par les mots : les ressentis, les peurs et les loyautés issus d'événements non digérés dans la lignée. Un drame tu ou mal vécu peut se rejouer chez les descendants sous forme de blocages, de répétitions ou de symptômes, jusqu'à ce qu'il soit identifié et libéré.

Comment savoir si mon blocage vient de mon histoire familiale ?

Deux indices convergent souvent : la problématique résiste aux thérapies alors que tu fais sérieusement le travail, et elle ne s'explique pas entièrement par ta propre histoire. Le moyen de vérifier est de récolter ton histoire familiale et de la poser sur un génogramme : si ton ressenti fait écho à un événement précis de ta lignée, tu tiens la piste.

Faut-il arrêter sa thérapie pour travailler le transgénérationnel ?

Non, au contraire : les deux se renforcent. Le travail transgénérationnel sert à cibler la bonne problématique ; ta thérapie, quelle qu'elle soit, sert à la traiter. Arriver chez son thérapeute avec la blessure exacte déjà identifiée fait gagner un temps considérable.

Envie de voir ce que ton arbre révèle ?

Construis ton génogramme avec MyGeno et retrouve dans ta lignée ce que cet épisode t'a fait entrevoir. Ou viens en parler en direct : les ateliers de Fiona sont gratuits, chaque lundi soir.